
Véritable confrontation des styles et des genres, Le Bestiaire périmé se présente comme une série de chants que complète harmonieusement un répertoire français du 18e siècle riche et varié sur le même thème. Cette musique d’aujourd’hui écrite pour instruments anciens s’offre comme un défi ludique et joyeux pour des musiciens à l’esprit grand ouvert, talentueux et audacieux.
Œuvre documentée, Le Bestiaire périmé propose une sorte de fable poético-morale, réflexive, drôle et tendre, qui interroge la place de l’Homme dans la nature, confronté à la perte progressive de son imaginaire. Jean-Luc Fafchamps a écrit et composé un cycle de chants par le biais desquels apparaissent puis disparaissent, entre autres créatures aux noms étranges et fantastiques, la panthère nébuleuse de Taiwan, le loup d’Hokkaido et celui de Terre-Neuve, en passant par l’ornitorynque,… Initiée en 2021 par la commande de cinq premiers chants, l’œuvre de Jean-Luc Fafchamps est proposée en re-création en 2024 avec les musiciens du Consort et la soprano Gwendoline Blondeel, artiste associée des Festivals de Wallonie. Deux chants additionnels complèteront le cycle et seront présentés en création au cours de deux concerts exceptionnels à Bruxelles (Flagey) et Stavelot.
Cette commande marque la volonté forte et affirmée des Festivals de Wallonie de soutenir la création et les compositeurs d’aujourd’hui.
« Prenons quelques instruments baroques, espèce « menacée » dans la pratique des compositeurs d’aujourd’hui : viole de gambe et clavecin accordé à l'ancienne, à côté de deux violons aux cordes en boyaux, mêlons-y joyeusement une voix habituée à revisiter légendes et musiques oubliées, et faisons-leur raconter en chanson quelques fables drolatiques et édifiantes inspirées d’antiques encyclopédies animalières aux dessins estompés. Voyons si ces créatures absentes peuvent encore prendre vie le temps d’un souffle, d’une histoire ou d’un adage. Et rêvons d’un monde où la (bio)diversité serait si vaste et si inventive que l’humain n’y serait qu’une espèce inoffensive, admirée comme le rossignol, le merle et le loriot, pour la beauté de son chant. » (Jean-Luc Fafchamps)